De Kalaw au Lac Inle

Depuis Bagan nous prenons un bus pour rejoindre le petit village de Kalaw, pour nos premier pas dans la région de Shan, la plus grande du pays. On en a pour à peu près 7-8 heures de bus, de journée, pour parcourir seulement 300 km. A la station, il n’y a pratiquement que des touristes dans notre bus, probablement le plus qu’on ai vu jusque là. Il ne reste plus que 2-3 places lorsque le bus démarre. Ce qu’on avait pas compris, c’est que la station n’est que le premier arrêt pour prendre des passagers. Après 10 minutes, on s’arrête une première fois pour prendre des locaux qui usent les dernières places assises. Encore 10 minutes plus tard, on s’arrête pour deux locaux supplémentaires. On commence à se demander où ils comptent les assoir pendant 8 heures de bus. C’est là que le chauffeur commence à sortir des mini tabourets. Les locaux se mettent dans l’allée du bus, à la queue leu leu s’emboîtant de plus en plus à chaque arrêt pour récupérer de nouvelles personnes. Après quelques arrêts, le bus est vraiment plein, la télé birmane nous diffuse des sitcoms locaux, et les passagers sur tabourets s’endorment les uns après les autres sur le dos de leur voisin de devant.

20151118_111737[1]

Les 7 heures pour 300 km s’expliquent vite lorsque l’on commence à monter dans les hauteurs. Les routes sont en zigzag, la falaise sur le côté et le bus plein à craquer qui forcément ne va pas très vite. Le chauffeur est vite obliger d’arrêter la clim et d’ouvrir les fenêtres pour avoir la puissance d’emmener son engin jusqu’en haut de la montagne. Autant dire qu’il fait chaud là-dedans !

On arrive à Kalaw en milieu d’après-midi. Ici, on dort au Golden Lily (au Myanmar, tout s’appelle golden quelque chose). L’auberge est super, avec un petit balcon donnant une vue sur tout le village au milieu des montagnes. Bien que court, j’ai adoré Kalaw. Très local, on se balade au marché et fait le tour du village en 30 minutes, en comptant deux pauses cafés. Le soir, on mange dans un restaurant top, un des meilleurs que l’on ai fait au Myanmar, et expérimente notre seule soirée birmane. 3 d’entre nous nous rendent dans LE bar de la ville, où des locaux chantent à tue tête des morceaux célèbres chantés en birman. Les gens sont adorables, nous accueillent les bras ouverts, nous offrent à boire. N’exagérons pas, à 23 heures on est couché, le pays n’est pas encore habitué à la vie de nuit, mais on passe quand même une super soirée.

DSCN6375-2

Le lendemain, on part pour notre trek de deux jours pour rejoindre le Lac Inle. Notre guide locale, San, est une étudiante birmane de 23 ans, super enjouée et très intéressante. Elle nous explique des tonnes de choses tout le long du chemin sur la culture agricole du pays ou la vie étudiante locale.

La première journée est assez « civilisée », on passe plusieurs villages, une école, de nombreux buffles et des champs à n’en plus finir de piment, de gingembre, de fleurs, magnifique !

Pour notre première pause de la journée, on s’arrête dans une petite hutte ou des vieilles dames d’une tribu locale sont en train de tisser. Dans la région de Shan, il y a de nombreux dialectes et nous ne rencontreront personne dans notre trek qui parle le birman comme on le connaissait jusque là (ce qui pour être honnête, se limite à bonjour et merci). Je soupçonne nos hôtes d’avoir dans la centaine d’année et sont toujours très belles.

Pour notre pause déjeuner, on est accueilli chez un habitant cuisinant un vrai festin pour nous. Pour nous faire attendre, on nous sert des avocats (ai-je déjà mentionné ma passion pour les avocats du pays ? Ou des avocats en général?) servis avec… du miel ! Le miel est versé dans le creux du noyau pour que ‘on mange ensuite nos avocats à la petite cuillère. Contrairement à ce que l’on pourrait penser… C’est super bon !

Après 5-6 heures de marche dans la journée, on est invité le soir à dormir chez une famille d’un village en plein milieu de nulle part. Pour protéger la vie locale, Stray fait en sorte que les séjours soient très limités en nombre, jamais chez les même familles et seulement chez les hôtes qui se sont portés volontaires. Notre famille d’accueil nous a préparé un dortoir fait de couvertures et coussins en guise de matelas. Ils nous ont également préparé un repas succulent similaire à notre déjeuner, qui comme dans beaucoup de pays d’Asie, repose sur le partage. Les mets n’en finissent plus d’arriver, des légumes de toutes les couleurs, la plupart me sont complètement inconnus (mais bon, pour mesure de rappel, cela vient de quelqu’un qui ne savait pas à quoi ressemblait un artichaut il y a encore peu), des fruits, du riz, du poulet, des avocats,… on vrai festin.

Après le repas, frigorifiée, je rejoins le cuisinier et notre guide dans la cuisine prêt du feu. Petit à petit, le reste du groupe se joint à nous, des touristes d’autres familles d’hôtes également et plusieurs locaux, ne parlant pas tous le même dialecte. Les guitares sont sorties et là , à l’autre bout du monde, on se rend compte qu’une soirée guitare autour du feu n’a pas besoin de pouvoir communiquer, c’est bien la même expérience peu importe où l’on se trouve.

Le deuxième jour de trek est beaucoup plus monotone. Les champs de piments ont été remplacés par des chemins de terre à n’en plus finir. Le paysage est beaucoup plus sec, ce qui rend le trek sous la chaleur beaucoup plus dur, car très peu d’ombre pour s’abriter et bien plus de chemin en pente. Pour nous protéger du soleil, notre guide nous a tartiné la figure la matin de thanaka, une crème jaune issue d’un arbre, porté par les enfants pour protéger du soleil et par les femmes en guise de maquillage, étalée sur le visage en forme de cercles ou de lignes.

Il n’y a peut-être pas autant de fleurs, mais ce que le paysage ne manque pas, c’est bien d’araignées. Il y en a partout ! Les chemins sont couvert par un toit d’araignées grosses comme ma main (bon plutôt grosses comme mon pouce hein) et je dois avouer que je fais pas maligne à m’attarder sous les toiles. Notre super guide nous montre quand même le plein de surprise que la région nous réserve. Le plus étonnant, c’est lorsqu’elle nous cueille une simple tige de je ne sais quoi, la coupe en deux et… ce met à faire des bulles de savon avec !!

Après encore 6 heures de randonnée sous le soleil, on s’approche du but, on n’est plus qu’à 10 minutes de rejoindre le lac. C’est a lors que je me rends compte que je n’ai plus mon appareil photo ! La panique, je repasse les événements dans ma tête, me rends compte que je me suis cassé la figure un peu plus tôt sur le chemin et que j’ai donc du faire tomber mon appareil en même temps. Ah je vous jure, miss catastrophe autour du monde ! Je repars dans le sens inverse en courant, notre guide Stray m’accompagnant. Après 20 minutes de recherche, je le retrouve et me remercie d’avoir eu l’idée de prendre un appareil orange vif.

On arrive enfin à un restaurant, où l’on mange en silence en buvant des litres d’eau pour récupérer de la journée en attendant de prendre le bateau direction Lac Inle.

Pour plus d’info sur Stray Asia et leurs tours en Birmanie : www.straytravel.asia

Publicités

2 commentaires sur “De Kalaw au Lac Inle

Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Ce site vous est proposé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :