Se faire virer en Australie

Oui, trouver du travail en Australie c’est facile si on le veut vraiment, et oui, ça paye bien quoi qu’on en dise! Là où c’est plus difficile, c’est de garder son boulot. Après 5 différents emplois ici (voire 6, bientôt 7), forcément, j’ai expérimenté le sujet. Autant on peut lâcher son employeur sans la moindre journée de préavis, autant il peut faire de même à l’inverse. C’est d’ailleurs pour ça que beaucoup sont réfractaires aux Working Holiday Visa, surtout s’ il reste moins de 6 mois. Retour sur mon palmarès personnel:

Après une semaine à Sydney, à mon arrivée en Australie, je décroche un job pour une agence de web design. Le mec est sympa, il a monté sa propre boîte à domicile et me propose de l’aider a gérer son portefeuille client. Il me propose de passer 5h par semaine à répondre aux  mails contre 10 $ de l’heure (soit 50 $ par semaine) plus 10% sur toutes mes ventes. Bien que le revenu soit maigre, le poste semble intéressant et la motivation du variable est là. Le mec regarde à peine mes diplômes et me fait confiance directement, au premier abord, bienvenue en Australie!
Le hic, c’est que je n’ai pratiquement aucune explications sur le poste, la boîte, les clients,… et qu’après à peine 10 jours (soit théoriquement quelques heures de travail) il commence à me mettre la pression pour trouver mes premiers prospects, vendre des sites internet, rencontrer tous les clients, leurs faire des études de cas personnalisées,… Je me retrouve vite submergée de mail, avec des responsabilités à foison, bien plus que 5h de travail par semaine et une pression de plus en plus intense. Le tout pour seulement 50 $ par semaine, passant plus de temps a m’occuper de l’après-vente que de la prospection. Ayant un autre emploi à temps plein, et ne comprenant toujours pas tout à l’entreprise, je ne m’en sors pas et me sens vite étouffée. Après un énième coup de pression comme quoi je n’en fais pas assez, il finira par me virer après un mois sur un simple coup de fil pour me demander de lui ramener les clés. Sur ce, plus jamais aucun contact, et c’est tout aussi bien.

Parallèlement à cet emploi, je fais du fundraising pour le cancer. 35h par semaine dans la rue à récolter de l’argent pour Cancer Council. Les premiers jours, le boss m’adore et pense que je serai bientôt un de ses meilleurs éléments. Le problème, je n’aime pas pousser les gens et on me fait du bourrage de crâne à me dire que tout le monde a des excuses à deux balles et qu’il faut leur forcer la main. Je suis en moyenne à 2 sponsors par jour, la moyenne demandée, je ne pousse pas plus. Après deux mois, la pression commence à tomber: sms tous les jours comme quoi je me donne pas assez, je dois harceler les gens bien plus etc… Il est vrai que j’y mets de moins en moins du mien, fatiguée de me faire rejeter à longueur de journée. Le jour où je me décide à démissionner, on me le refuse et me dit qu’on va me « réparer » et me redonner goût au fundraising (comme si j’y avais déjà pris mon pied!). Le lendemain même, on me met la pression d’entrée de jeu: « aujourd’hui, tu fais 4 ou t’es virée ». Pourquoi ne pas avoir accepté ma démission, je ne sais pas. De bonne volonté, je me force et fini la journée à 3. On me dit alors que je vais devoir attendre leur jugement de ma valeur. Trop tard, cette fois c’est pour de bon, je leur donne l’accord de me virer. Mes boss ne prennent pas la peine de me dire aurevoir, c’est déjà au suivant!

Quelques jours avant de quitter Sydney, je trouve un boulot de promoteuse de soirée, payé cash pour distribuer des entrées gratuites pour un bar. Je fais ça pendant deux semaines, de l’argent facile, ça semble louche mais bon, pourquoi pas. Après deux semaines, je m’apprête à partir voyager, je demande donc ma paye en avance et part les mains dans les poches. J’aurai été chanceuse sur ce coup là, les autres arrivant pour la paye deux jours après moi n’en verront jamais la couleur. C’est à coup de « oui je t’appel demain », « promis je te paye la semaine prochaine »,… bref, arnaque de première.

Après un peu de voyage, je viens m’installer à Melbourne et y cherche donc un petit emploi. En 2h, je trouve un restaurant à tapas, manager français, qui me prend à l’essai en tant que serveuse. Il se rend bien compte à l’essai que je n’ai pas d’expérience mais m’engage quand même, satisfait de ma motivation à bien travailler. Mes deux premières semaines j’accumule les erreurs, jusqu’une soirée ou je renverserait en plein rush un plateau plein de boissons et ferait payer un client pour un autre. Bizarrement,  j’ai de moins en moins d’heure. Je redouble donc d’efforts, m’améliore énormément,  jusqu’à revenir  à un mi-temps acceptable. Le jour de mon anniversaire, je regarde mon planning en arrivant, rien n’a changé. Je vois mon patron toute la soirée, qui ne me dit rien de spécial. Le lendemain, en revenant, je me rend compte que tous mes shifts sont barrés et que je n’ai plus d’heure ni cette semaine, ni celle d’après. Je m’empresse d’aller voir le manager, qui me répond simplement: « oups, je pensais que tu aurais vu hier avant de partir, je veux tester quelqu’un d’autre, je te rappel dans deux semaines? ». Bref, je me suis fait virer le jour de mon anniversaire, sans qu’il ose me l’annoncer en face. Classe.

Pour ma part ça en restera là pour le moment, mais de nombreuses personnes autour de moi auront connu les essais non payés, les payes qui ne tombent pas si tu démissionnes ou encore les abus de sous-paiement. Je ne cherche pas à dénoncer car je pense que cette situation de l’emploi est à double tranchant mais c’est un fait. Parfois, l’Australie c’est l’eldorado, des payes de rêves pour des emplois sans la moindre responsabilité, mais à l’inverse l’abus est monnaie courante, tant du côté du backpacker qui promet de rester 6 mois alors qu’il ne veut qu’être payé pendant 2 semaines et démissionner la veille de partir, que du côté des employeurs qui utilisent çà pour profiter de la main d’oeuvre bon marché, voire gratuite. À nous de voir si on veut jouer ou non!

20130913_172618

Publicités

3 commentaires sur “Se faire virer en Australie

Ajouter un commentaire

  1. Et bien, c’est édifiant! ça ne doit pas être facile tous les jours de bosser dans ces conditions. La précarité omniprésente, la pression des patrons, les payes qui arrivent à pile ou face… tu as bien du courage! J’espère que le jeu en vaut la chandelle!

  2. Hello Gaelle,
    Tu crois que c’est comment le travail en France pour les étrangers de passage ?
    Et même pour d’autres ?
    Grosse différence peut être (?) Il semble qu’il y ait plus d’ouverture sur des opportunités en cet « Est du monde ».
    Moralité : profitons de la vie tant qu’elle est là … et comme dit Matthieu « penses avec tes pieds », du moins tant que tu marches.
    Plein de bisous
    Dad

  3. Coucou ma cousinette, ça fait déjà quelque temps que je reçois tes commentaires. Je trouve que tu écris vraiment très très bien et c’est un régal de lire tes aventures. Je te souhaite tout plein de bonnes choses dans tes péripéties et je t’embrasse très très fort. La cousine BUBU de GAP

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Ce site vous est proposé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :