L’Australie en van – L’interview de Loïc

Loïc, ancien collègue complètement barré (mais c’est ça qu’on aime), est parti en Australie il y a presque un an et voyage depuis quelques mois maintenant en van, un classique Australien. Avec David, un autre ancien collègue et rédacteur du blog The Globe Is Yours, ils ont acheté leur van dénommé Gandalf pour vivre l’expérience que beaucoup de jeunes voyageurs rêvent de réaliser: la côte est australienne en van. Fini les douches, bonjours les poubelles de supermarché,  la vie de hippie et le road trip dans son sens le plus pur. Bien que j’aie partager un petit bout de trajet de Cairns à Uluru, j’ai pensé que Loïc aurait une vision bien plus poussée de ce que c’est de voyager en van en Australie. Il nous aura (malheureusement?) épargner les anecdotes où il s’ est retrouvé à manger un brown snake qu’il avait tué ou encore la fois où Gandalf aura été repeint avec du sang humain (true story, je l’ai vu de mes propres yeux), mais nous en apprendra beaucoup sur la partie plus soft du voyage. Si besoin, n’hésitez pas à poser des questions en commentaires que je lui transmettrais.

– Salut Loic, peux-tu te présenter en quelques lignes? Toi et ton van, Gandalf?

Salut, je suis un ancien développeur qui a tout plaqué pour rejoindre un ami en Australie pendant un an. Chemin faisant, j’ai eu de nouvelles opportunités et envies, je pense maintenant a continuer mon voyage en rentrant par l’Asie puis l’Europe. J’imagine qu’on peut me décrire comme un hobbyppie (va nu pied hirsute). J’essaye d’être un peu touche à tout et d’apprendre des personnes que je rencontre (Jonglage, guitare, cuisine, camping, etc…) pour mon futur, je suis un peu au jour le jour, les plans sur le long terme ne se réalisent pas toujours étant donné qu’il y a souvent de nouvelles opportunités et des rencontres qui se font, c’est très facile de dériver de son chemin initial (mais ça permet de découvrir de nouvelles choses inattendues).

Gandalf est un mazda E1800 de 1991 à boîte manuelle (très important pour démarrer quand on a plus de batterie). Il carbure au gaz et a l’essence (deux réservoirs donc). C’est un van qui commence a avoir un peu de vécu mais qui a toujours la patate. Comme quasiment tous les véhicules de backpackers, il y’a toujours quelques choses à régler ou à réparer dessus (ça commence par la réparation d’une enceinte, puis on commence a tripoter les fusibles pour régler les lumières intérieures, et ça finit par du redressage de tôle). Par ailleurs, on s’est un peu lâché dessus sur la décoration avec David . Ça permet d’avoir un van un peu plus personnalisé et de toute façon, si jamais ca ne plaît pas aux personnes a qui je le revendrais, c’est un simple coup de peinture.

– Depuis combien de temps voyages-tu en van? Comment voyageais-tu avant?

Cela va faire maintenant 5 mois (même si pour les deux derniers mois, je suis plutôt en stationnement à Renmark pour le travail).  Avant, j’avais fait la côte Est en voiture avec un ami, loger dans des Bed and Breakfeast, c’est plutôt cher et il faut un certain budget, on rencontre un peu moins de monde même si les locaux chez qui on loge sont très sympas et peuvent te filer des bons plans, mais pour être franc, si c’était à refaire, ce serait en van (beaucoup plus convivial et économe). Ensuite, je suis passé piéton une fois retourné à Melbourne. J’ai fait également un peu de stop pour visiter la Tasmanie. Les australiens sont super sympas et j’ai jamais attendu plus d’une heure pour être embarqué dans une voiture. Les avantages sont que c’est gratuit, ça te permet de parler un peu avec les locaux, trouver des bons plans ou des coins sympas à visiter. Les inconvénients sont que parfois, tu ne sais pas où tu vas arriver avant la nuit, il faut trouver des coins où caser sa tente discrètement pour ne pas se faire dégager par les rangers. C’est assez fatiguant au bout d’un certain moment (porter toute ses affaires, le froid, pas beaucoup de nourriture avec soi…), parfois, on peut se faire embarquer par des gens un peu bizarre (un mec totalement bourré une fois, j’étais plutôt pressé de descendre de la voiture).

– Comment as-tu trouvé ton van? Combien cela t’a-t’il coûté ?

Le van a été trouvé sur Gumtree, cela s’est fait très vite une fois que David et moi sommes arrivés sur Melbourne.Ce fut le premier van que nous avons visité et étant un peu pressés, nous l’avons pris directement étant donné qu’il avait l’air en bon état . Le van a coûté 3200 dollars, quelques semaines plus tard, nous avons dû acheter des pneus neufs également (360 dollars).On peut donc dire que ca a coute 3560 dollars.Concernant l’assurance, nous avons ete un peu trop feignants et n’en avons pas pris (passer un coup de fil, ça prend trop de temps, surtout quand on a rien à faire de nos journées). La régo (assurance obligatoire au cas ou l’on blesse ou tue quelqu’un) courrait jusqu’à début juin, je l’ai renouvelé pour 3 mois début Juillet (229 dollars). Et maintenant, j’ai des petits coups d’entretiens additionnels qui viennent au fur à mesure, refaire la peinture, nettoyer la rouille, huiler la mecanique, etc… J’ai dû rajouter dans les 100 dollars jusqu’à present.

– Quel a été ton itinéraire jusqu’ici?

L’itineraire en van a commencé à Melbourne, il a fallut ensuite aller en moins de 15 jours en South Australia à Mount Gambier pour enregistrer le van.On en a profité pour visiter la Great Ocean Road. Ensuite, nous sommes allés vers la côte Est en passant par le nord de Melbourne, visité quelques parcs nationaux, grimpé le Mont Kusciesko et nous sommes arrivés a Sydney. Remonte tranquille de la côte Est jusqu’à Cairns puis nous t’avons récupéré. Passage dans le désert pour aller voir Ayers rock puis je suis redescendu en South Australia a Renmark pour faire un peu de fruit picking.

– Quels sont les avantages de voyager en van? Et les inconvénients?

Les avantages sont multiples, c’est comme une caravane en plus compact, tu pars avec ta maison et tu peux te poser quasiment n’importe où. Ça te permet d’éviter les coûts d’hotel, de pouvoir arriver le soir a un endroit que tu veux visiter, faire la visite au petit matin puis reprendre ta route directement après ou te reposer directement si la journée a été trop crevante. Ça a l’avantage de te faire découvrir un rythme de vie différent également, un peu plus posé, pas besoin de se stresser pour arriver a tel endroit avant telle date (mis a part si tu a booké un trip ou rdv avec une personne), de toute facon, une semaine de différence n’a pas grande importance.Tu oublies également beaucoups du confort moderne, fini l’électricité et l’eau chaude a volonté, tu apprends à faire sans mais du coup, tu apprends a vraiment apprecier les petites choses qui sont banales dans une maison.Si un endroit te plait vraiment ou si tu veux juste un peu te reposer de la route, tu t’installes deux, trois jours et tu profites.

Les inconvenients: Ça coûte un peu plus cher qu’une voiture pour l’essence et les frais d’entretien. On ne peut pas forcement avoir une douche tous les jours (enfin si mais ce serait un certain budget que je ne veux pas avoir). Il faut parfois jouer au chat et à la souris avec les autorités pour ne pas se faire dégager ( beaucoup de van sur la côte Est, je suppose qu’ils ne veuillent pas être envahis de backpackers juste à c côté de leurs plages favorites). Il ya les réparations et les retouches a faire mais je placerais ça entre avantage et inconvenient étant donné que ça m’amuse de bricoler le van, ça me permet d’apprendre de nouvelles choses et tu as une certaine fierté d’avoir réussi a régler un problème. Par ailleurs, ça permet de s’occuper lorsque l’on a pas grand chose a faire.

– Aujourd’hui tu es seul dans le van mais parle nous de tes nombreux compagnons de voyage?

Alors les principaux sont : David, ancien collegue qui faisait un tour du monde. Il a acheté Gandalf puis je l’ai récupéré. On a fait environ deux mois ensemble dans le van. Larissa, ex copine de David, disons qu’il y a eu quelques frictions avec elle et c’est avec grand soulagement que l’on s’en est séparé (même si elle m’a tiré ma caméra…), Hugo et Moustafa, deux autostoppeurs que l’on a rencontré a Townsville, après avoir passé quelques jours avec eux dans un campement, on a décidé de faire un bout de chemin ensemble. Mustafa est resté a Cairns apres Cap Tribulation, Hugo m’a accompagné pour la traversée du désert (Alice Spring, Uluru..) puis on est allé ensemble jusqu’en South Australia pour trouver du boulot. Hugo est parti une ou deux semaines plus tard (billet d’avion pour la France déjà réservé). Toi, ancienne collègue également, on a fait le trip Townsville – Uluru pendant deux semaines. Joyce, une de tes connaissances qui a participé au trip Townsville – Uluru. On a eu un autostoppeur Israélien une fois également avec David, il allait vers Airlie Beach du coup mais sinon, nous n’avons croise quasiment aucun autostoppeur. Le maximum de personnes qu’on a eu dans le van était six, trois a l’avant, trois sur le lit couchette. Maintenant, je sers également de navette entre le campement et les champs de citrons, c’est assez cocasse d’arriver avec un mini van et d’avoir une tripotée de travailleur qui en sort.

– Comment est le rapport avec les autre backpackers sur la route? Fais tu beaucoup de rencontres? Quelles nationalités majoritairement?

Ça se passe plutôt bien, les gens sont relativements solidaires et il y a très souvent quelqu’un pour t’aider en cas de pépin. J’ai rencontré énormément de personnes venant de milieux differents. C’est assez amusant de se retrouver au coin du feu avec des informaticiens, des sociologues et des mécanos. C’est très hétérogène mais ça permet d’apprendre beaucoups de choses sur un peu tout, beaucoup de gens utilisent les connaissances de leur anciens metiers a la vie en camping (un cordiste qui fait l’installation du campement par exemple, tu auras des fils dans tout les sens mais tu peux etre sûr que tout tiendra).  Une fois par exemple, on a dépanné un ancien électricien qui avait crevé, échange de bon procédé, il nous a aidé a refaire l’électricité du van.En ce qui concerne les nationalités, principalement des francais, italien et allemand, quelques scandinaves également.

– Quelle a été ta plus grosse galère en van? Et ton meilleur souvenir?

On s’est ensablé avec David dans une petite clairière à Jervis Bay, impossible de s’en sortir et le van commençait à pencher. Il a fallut rajouter des pierres une par une sous la roue ensablée afin de garder le van droit pour la nuit. Le lendemain, un australien sympa nous a donné le coup de pouce nécessaire pour s’en sortir. J’ai également eu un pneu a plat a Tennant Creek, heureusement, j’avais une bonne roue de secours et des australiens sympas pour nous aider a la changer. Les problèmes de batteries au démarrage sont également très fréquents, heureusement, il y’a toujours quelqu’un pour t’aider a pousser ou pour te passer un peu de batterie avec un jumper. Il y’a une tripotée de bons souvenirs mais l’un de ceux qui m’a marqué a été sur la côte Est. On était à la recherche d’un endroit ou se parquer pour la nuit avec David, et après plusieurs échecs à côté des plages, nous avons finalement pu nous garer sur le parking d’un lookout. Du coup, le lendemain, nous avons préparé le café sur le toit du van garé tout en profitant d’un magnifique levé de soleil sur la mer.

– Quelles sont tes dépenses majeures sur la route? Budget approximatif?

Le carburant et la nourriture. Pour le carburant, cela dépend des distances que tu parcoures et de la region. Ça peut être 1000 dollars en 2 semaines (Townsville-Alice Springs en passant par Uluru) à 100 dollars la semaine de carburant si tu fais juste deux, trois plein dans l’état de Victoria (le gaz est très bon marché). Maintenant que je suis a peu près posé, j’en suis à peu près à 100 dollars par semaine, ça me permet de payer l’essence pour aller au travail, ma nourriture plus les frais d’entretiens du van.

– Quelle est la suite du voyage avec Gandalf? Pas trop dur de t’en séparer?

Pour l’instant, je me suis posé un peu a Renmark (South Australia) histoire de travailler un peu et de refaire mes finances.J’aimerais bien faire la côte Ouest également ainsi que me refaire la Tasmanie (avec un van cette fois) par la suite. En ce qui concerne la separation, je pense que ca va etre dur etant donne le temps que j’ai passé avec et le travail que j’ai fourni dessus. C’est a la fois ma première voiture et ma première maison, j’ai une multitude de souvenirs avec ce van (et sans doute encore beaucoup à venir).

Merci beaucoup Loic! Tout le bonheur pour toi et Gandalf!

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