Travailler en Australie – L’interview d’Alice

Ceci est l’interview d’une backpackeuse qui en a fait des boulots en Australie! Retrouvez également en cliquant ici, 7 façons de trouver un boulot en voyageant.

J’ai décidé d’interviewer Alice, une copine française de Sydney, au sujet de la recherche de travail en Australie. Pourquoi elle? Car c’est probablement la personne que j’ai rencontré qui a occupé le plus de postes différents ici: moyens de recherche, domaine d’activité, salaires, elle a vraiment touché a beaucoup de choses. Elle est donc bien placée pour en apprendre un peu plus sur la réalité du travail en Australie pour les backpackers. Son expérience est très différente de la mienne, je pense avoir été plus chanceuse. Aujourd’hui elle travaille comme assistante logistique et comme housekeeper dans un backpack en parallèle pour son logement, chose très courante ici. Mais comme quoi, l’Australie eldorado du travail? Y a du vrai, y a du faux. Retour sur l’expérience d’une française en Australie.

– Salut Alice, peux-tu nous en dire un peu plus à ton sujet?

Bonjour tout le monde, je m’appelle Alice, j’ai 25 ans et je viens de Bretagne. Après un Master de Management, j’ai décidé de partir en Australie pour quelques mois. Et cela fait déjà bientôt 10 mois (mi octobre) 🙂 .

– Que cherchais-tu en venant en Australie?

Je n’avais pas principalement le travail en tête. Je venais pour la langue et de nouvelles expériences. Je savais que j’allais avoir un boulot, je savais que j’allais devoir faire un farm job si je voulais rester une deuxième année. J’avais cela en tête mais je ne m’inquiétais pas avant mon arrivée…

– Combien de temps as-tu mis à trouver ton premier emploi?

Je me suis vite retrouvée devant la réalité de la vie ici : tout est cher en Australie! Après 15 jours de recherches de boulot sur Sydney, j’ai décidé de voyager un mois et demi sur la Côte Est : quitte a dépenser de l’argent pour se loger et se nourrir autant le faire en voyageant! Je suis revenue sur Sydney pour Noël. En un mois, j’ai réussi à avoir deux essais en restauration qui n’ont pas abouti, dont un qui se servait que de personnes comme moi pour l’aider, sans nous payer; et un travail de deux jours en boulangerie que j’ai abandonné car le patron avait des propos sexuels et n’était pas honnête. J’ai trouvé les postes en restauration sur Gumtree et celui de la boulangerie par un ami français rencontré sur Sydney. J’ai fini par trouver un travail en ferme, a 6h inland de Sydney pour travailler dans des champs de maïs, par l’intermédiaire d’amis rencontrés sur la Côte Est. Cela a duré un peu plus de deux mois. Un travail en ferme c’est rarement l’extase. On avait au moins la chance d’être payés par heure et non pas au panier. Les premières semaines ont été difficiles, plein été, plus de 35 degrés tous les jours. On vivait en camping sans frigo et avec des équipements très sommaires. Les employeurs nous mettaient en congés et nous promettaient du travail qui n’arrivait jamais. C’était dur car on n’avait pas d’argent mais après coup, on en retient de bons souvenirs avec les gens avec qui on a vécu. On se soutenait, on était tous dans la même galère . Après ce farm job je suis descendue au niveau de Melbourne, j’ai voyagé un peu dans le désert. Entre temps, j’ai fait quelques escales a Sydney mais je ne trouvais pas de travail. Mi-mai, je me suis remise activement a chercher du travail sur Gumtree, 3 heures après j’avais trouvé un job de femme de ménage pour un nouveau showroom, plus nettoyage de lunettes de vue et solaires. Je gagnais 10 dollars de l’heure, en cash. Je travaillais 2 fois par semaine environ 6 heures à chaque fois. La semaine qui a suivi j’ai trouvé grâce à une amie, un « promotional job » pour un bar (ndlr: avec moi, pour the Village, juste avant que je quitte Sydney). J’ai travaillé deux jours par semaine pendant deux semaines, 15 dollars de l’heure, en cash. Cela fait deux mois et on arrive toujours pas a récupérer notre deuxième salaire (ndlr: j’ai eu la chance de tout récupérer car je partais plus tôt). Entre temps, je continuais à postuler en allant démarcher directement les bars-restaurants, en candidatant sur Gumtree pour toutes sortes de poste. Je n’ai rien trouvé. Mes patrons, où je faisais le ménage, m’ont proposé au bout de trois semaines, un temps plein en tant qu’assistante logistique. Je m’occupe de toutes les commandes et les expéditions clients. Je travaille au showroom mais c’est avant tout une entreprise en ligne qui expédie sur toute l’Australie. Le seul hic c’est que je suis payée 12 dollars de l’heure, ce qui est inférieur au minimum legal! Je suis en cours de négociation pour augmenter mon salaire.

– Finalement, combien d’emplois as-tu eu en Australie? Lesquels?

Donc en tout j’ai eu 6 emplois et deux essais. Emplois :Vendeuse et serveuse en boulangerie, fruitpicking job, distribution de flyers, nettoyeuse/menage, tuteur de francais (j’ai donne un vrai cours de francais, rémunéré. Je n’ai pas du être la plus convaincante, il ne m’a jamais rappelé!), assistante logistique + deux postes en housekeeping dans deux backpacker hostels pour avoir mon logement gratuit. Essais :Aide cuisine dans un restaurant/take away italien et serveuse dans une pizzeria.

– Ces emplois étaient-ils généralement déclarés ou au black?

Seul mon farm work était déclaré.

– Considères-tu qu’il est facile de trouver un emploi en Australie?

Oui et non. C’est dur de trouver un emploi et encore plus un emploi où tu gagnes bien ta vie. Par contre, comparé à la France, c’est facile de trouver du travail pour deux heures, un jour, 3 jours, etc (déménagement, ménage, distribution de prospectus, etc)

– Quelles sont les domaines ou il est le plus facile de trouver un emploi?

Si tu es un mec c’est très facile de trouver en construction (métiers manuels liés au bâtiment), en bar-restauration si tu as de l’expérience.

– Selon toi, quels sont les meilleurs moyens de trouver un emploi?

Je n’ai malheureusement pas de solutions miracles! C’est bien de faire un mixe de tout. C’est bien d’avoir un oeil sur Gumtree, dans les agences de recrutement, le bouche à oreille. Accepter ou oser faire un travail pour lequel on n’a pas beaucoup d’expérience. Des fois, on peut évoluer très vite ou rencontrer des personnes intéressantes pour le piston dans un autre emploi. Ne pas hésiter à quitter un travail qui ne convient pas. Les employeurs n’ont pas de pitié.

– Quel est le plus dur emploi que tu aies eu (pourquoi) et le meilleur?

Le plus dur emploi c’est le farm work a cause de la chaleur, des mouches et des conditions de travail. Le meilleur… je ne l’ai pas encore trouvé! Malgré le mauvais salaire, j’adore mon travail en ce moment en tant qu’assistante logistique. Mes journées sont plus que remplies, je ne vois pas le temps passer, les patrons sont jeunes et cools, l’endroit est magnifique. Bonne ambiance, pas de stress. Et, je suis entourée que d’Australiens, c’est toujours intéressant à observer.

– Comment ont été tes rapports avec tes employeurs? T’es tu parfois sentie exploitée en tant que backpacker?

Oui je me suis sentie et me sens toujours exploitée, dans tous les jobs que j’ai eu. Mes employeurs ont tous été polis au quotidien mais on est rarement payé a notre juste valeur.

– Penses-tu que le niveau d’anglais est un facteur déterminant de la recherche de travail en australie?

Je pense que oui c’est quand même important mais je ne dirai pas déterminant. Tu n’as pas besoin d’être bilingue quand tu es dishwasher par exemple. Par contre, c’est vrai que c’est mieux, plus rassurant pour soi même et plus professionnel par rapport à l’employeur. Faut quand même comprendre et savoir se faire comprendre, cela evite quelques soucis. Ils demandent en général de l’expérience et un bon niveau d’anglais mais il ne faut pas s’arrêter à ça. On apprend vite quand on est motivé.

– En résumé, que penses-tu du marché du travail en Australie pour les backpackers? Et du marché noir?

Le marché du travail est différent de ce qu’on connaît en France. Il n’est pas si facile de trouver un job fixe, sûr. En tant que backpackers, on n’a accès qu’aux postes précaires, sans contrat. Ce qui est aussi intéressant, ça nous laisse une plus grande flexibilité de manoeuvre. Le marché au noir nous permet d’avoir la chance d’avoir des petits boulots plutôt facilement.

– Finalement, quels conseils donnerais-tu aux backpackers francais qui cherchent du travail en Australie?

De postuler même si ils n’ont pas autant d’expérience qu’il est exigé. Ne pas avoir peur d’aller directement déposer son CV et de travailler son anglais car mine de rien pour certains postes il y a des backpackers mais aussi des australiens qui postulent…

Super, merci beaucoup Alice pour toutes ces infos, on en apprend beaucoup. On te souhaite une augmentation et pourquoi pas un joli sponsorship!

image
Alice, devant le Queen Victoria Building à Sydney
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3 commentaires sur “Travailler en Australie – L’interview d’Alice

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  1. Bonjour,
    Je suis la maman d’Alice et je suis très contente de lire votre article. Je vous souhaite bonne chance pour le reste de votre voyage.

  2. Hello les amis, je suis le parrrain d’Alice, (et donc aussi le frère de la maman d’Alice). Je suis très fier d’Alice et ne regrette pas de l’avoir encourager à partir en Australie. tous ces jobs lui fournissent une expérience extraordinaire mais également étoffent son CV pour des jobs futurs. Je lui souhaite de rester le plus longtemps possible en Autralie. Je l’envie et son expérience à l’étranger me rappelle la mienne il y a 25 ans. elle ne reviendra que plus richement nourrie de tous ces gens et ces expériences qu’elle aura connu. les voyages forment la jeunesse !!! et surtout, qu’elle nous ramène un bel australien !! hihihi
    je lui souhaite plein de réussite là-bas et qu’elle revienne nous voir aussi très bientôt.
    bises Christophe, Cyrille et Phoebe.
    Quand à vous, félicitations pour votre blog et plein de bonnes choses pour l’avenir…….

  3. Hello moi je suis la marraine d’Alice, j’ai passé pas mal de temps en Angleterre et j’ai tenté de convaincre Alice plusieurs fois de partir à l’étranger. Je suis contente qu’elle soit partie et qu’elle y passe de bons et « moins bons » moments; son expérience sera encore plus enrichissante.Merci d’avoir partagé cette petite interview sur votre blog.Bonne continuation à vous. Bises de Bretagne

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