Street Marketing

Le perdant probablement bientôt, il est temps de parler de mon deuxième emploi, alimentaire celui-ci: la récolte de dons pour le cancer dans la rue. Oui oui, ceux qu’on évite bien soigneusement dans Paris… Coucou c’est moi!

Le jour où j’ai trouvé celui-là, je venais de trouver un autre job de porte à porte (pour de la récolte de dons également, très présente à Sydney) uniquement payé à la comm. Le matin de mon premier jour, réalisant que c’est une perte de temps et d’argent (si je ne signe personne je ne suis pas payée), je décide de ne pas y aller et de profiter de la plage à la place. C’est en sortant de l’hotel pour m’y rendre qu’une nana me court après et m’arrête: « par hasard, tu ne cherches pas un travail? » « Euhhh…. si! ». Après une brève discussion et la confirmation qu’il y a un vrai salaire, me voilà avec un entretien d’embauche pour le lendemain matin.

L’entretien est assez insolite. Au début, nous sommes une quinzaine de backpackers autour de la table. Pendant la première partie, le boss est tellement bon vendeur qu’on ne veut qu’une chose: avoir le poste. Petite présentation rapide de chacun. Puis, il nous demande de preparer un argumentaire pour ou contre la musique moderne. Nous voilà un par un présentant un argumentaire bidon (en plein dans mon rôle, je soutien qu’en tant que mère, je ne veux pas que mon fils m’appelle « bitch » parce qu’il a écouté trop de rap, mon voisin de table me demande plus tard quel âge ont mes enfants…). Fin de l’argumentaire, le boss nous demande d’attendre 5 minutes. Il revient et nous annonce qu’il va éliminer la moitié d’entre nous. Surprise, je passe la première étape. La suivante consiste en un débat ouvert. Une autre moitié est iliminée, je suis encore là. La dernière étape consiste à aller dans la rue directement pour faire un sondage. Plutôt rigolo, je vois de tout, depuis le mec qui me répond que si il devait donner de l’argent ce serait pour faire en sorte que des connards arrêtent de lui poser des questions dans la rue, à la mamie qui vient me demander si elle a le droit de répondre à mon sondage.

Après finalement 5h d’entretiens, je suis engagée et prête à postuler pour la nouvelle star!

Ce que je fais? Très simple, je passe en moyenne 8h debout dans la rue a essayer d’arrêter les gens avec un pitch tout prêt que je dois sortir mot pour mot en ayant l’air naturel: et oui, je suis actrice! Le tout pour Cancer Council, l’équivalent de la Ligue contre le cancer Australien (via l’entreprise 2evolve, réputée pour être la meilleure en street marketing).
La bonne surprise c’est que ça s’ avère assez amusant, je prends goût à parler à 500 inconnus par jour. Les belles rencontres se font à la pelle (les gens qui s’ arrêtent sont généralement très gentils) et je travaille avec des gens supers (les personnes faisant ce boulot sont majoritairement très sociables et bonne ambiance). Il y a d’ailleurs, comme pour toutes les boîtes similaires, des apéros d’équipe le vendredi. Et pour se garder motiver, on se donne parfois quelques gages ou challenge. C’est comme ça que je me suis retrouvéee a chatouiller les dessous de bras d’un inconnu.

Ce qui est plus difficile est que le boulot est épuisant, qu’il faut rester énergétique à 200% toute la journée sans vraiment de pause (pas évident avec une cheville en moins au passage), et que lorsque l’on a un mauvais jour, ça peut devenir particulièrement difficile psychologiquement. Personnelement, le nombre de rejet par jour ne m’a pas dérangé pour le moment mais c’est parfois très frustrant de ne pas faire ses chiffres et la pression peut vite grimper. En effet, dans ce milieu, le turn over est impressionnant, il suffit parfois d’un mauvais jour pour se faire virer le soir même. Réciproquement, les gens abandonnent particulièrement vite.

L’autre problème majeur pour moi était mon accent: la plupart des gens s’accordent à dire que je ne sonne pas Française (surprenemment, la majorité me pense Brésilienne, allez comprendre, ou par ordre décroissant: reste de l’amérique latine, italie, espagne, allemande, libanaise,…!) mais tous s’ accordent pour dire que j’ai un très fort accent et que je parle trop vite pour qu’on me comprenne (hum…. j’ai l’impression d’avoir déjà entendu ça à propos de mon Français…). Du coup, quand les gens pressent le pitch, ça peut devenir difficile.

Pour ce qui est du salaire, je suis pour le moment payée $18/h ce qui me fait $650 par semaine une fois mes taxes prélevés, dès que je fais 12 signatures par semaines je passe à $20 et une fois la moyenne de 17 signatures atteinte, je passe à $22. Plus, à partir de ma 11e signature de la semaine, j’ai $40 par signature. Les bons de mon équipe font entre 15 et 20 par semaine, c’est donc possible de se faire pas mal d’argent.

Au bout de 3 semaines, j’en suis toujours à 1 par jour, passé le cap de 2 pour la première fois aujourd’hui mais étrangement, mon boss continue de m’adorer et m’appelle la « fire cracker », la fille qui, une fois le déclic fait, va faire 10 signatures par jour. Car apparemment je suis une pile éléctrique, certains pensent même que je devrais avoir mon propre TV show.

Dans l’ensemble, je n’aurai jamais pensé faire ce boulot mais j’apprécie plutôt ça: beaucoup de rencontres, plutôt fun, bien payé, et un bon moyen d’acquérir beaucoup de qualité professionnelles: meilleur anglais, énormément de confiance en soi et des compétences commerciales. Si on peut vendre de la charity dans ka rue, je pense qu’on peut vendre à peu près n’importe quoi. Et maintenant rien ne me paraît plus normal que de parler à un inconnu dans la rue et de lui demander son âge, son adresse, son métier ou même sa carte bleue.

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5 commentaires sur “Street Marketing

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      1. N’empeche plus je lis ton blog, plus j’ai envie de te dire que tu es bien chanceuse !
        Profites en à max c’est pas tout le temps qu’on peut faire ca!

        ( i need some vacation …)

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